L’énigmatique instant présent
J'explore, je recherche des lieux où ressentir des vibrations particulières... découverte en 2023 de la chapelle de Vauguillain, à Saint-Julien-du-Sault (Yonne).
J’y ai passé trois étés à photographier, dessiner et peindre à l’encre, en noir.
J’étais émotionnellement inspirée par l’histoire de cette chapelle et de son état intérieur de « déconstruction ». De nombreuses traces étaient présentes : celles des hommes par des graffitis, celle du temps par les pierres tombées, celle de la nature. La beauté des traces laissées et sa situation géographique, en haut d’une colline, surplombant la vallée, m’ont complètement troublées.
Explorer le pouvoir de l’instant présent, s’ancrer dans l’immédiateté, ressentir les vibrations d’un lieu, oublier le passé sans se projeter dans l’avenir. Autant d’élément pour influencer notre bien être (mental et physique), être amené à mettre l’accent sur la conscience de ce qui se déroule au moment présent.
J’ai réussi à faire cela, grâce à un élément qui m’a interpellé : un vent frais constant qui circulait, plus ou moins fort, qui me ramenait sans cesse dans cet interstice léger du moment immédiat. Très vite, j’ai ressenti le besoin de traduire plastiquement mes sentiments. Cela a pris différentes formes, la photographie m’a permis de voir, l’encre abstraite, de projeter une image mentale.
J’y ai passé trois étés à photographier, dessiner et peindre à l’encre, en noir.
J’étais émotionnellement inspirée par l’histoire de cette chapelle et de son état intérieur de « déconstruction ». De nombreuses traces étaient présentes : celles des hommes par des graffitis, celle du temps par les pierres tombées, celle de la nature. La beauté des traces laissées et sa situation géographique, en haut d’une colline, surplombant la vallée, m’ont complètement troublées.
Explorer le pouvoir de l’instant présent, s’ancrer dans l’immédiateté, ressentir les vibrations d’un lieu, oublier le passé sans se projeter dans l’avenir. Autant d’élément pour influencer notre bien être (mental et physique), être amené à mettre l’accent sur la conscience de ce qui se déroule au moment présent.
J’ai réussi à faire cela, grâce à un élément qui m’a interpellé : un vent frais constant qui circulait, plus ou moins fort, qui me ramenait sans cesse dans cet interstice léger du moment immédiat. Très vite, j’ai ressenti le besoin de traduire plastiquement mes sentiments. Cela a pris différentes formes, la photographie m’a permis de voir, l’encre abstraite, de projeter une image mentale.
Chacun de mes projets artistiques s’ancre dans une recherche du spirituel et du méditatif, ne cherchant pas à représenter le réel, et « se laissant guider par sa liberté, renonçant à tout débordement lyrique ». J’essaie de provoquer la matière en laissant la possibilité aux surprises de surgir, à l’imprévu de se manifester. Je réutilise l’impondérable jusqu’à ce que se produise un événement plastique qui me remémore le sentiment éprouvé lors de ma prise de vue. Ces créations sont « mémoires » des instants photographiques précédents. Ce noir mono-pigmentaire renvoie une présence au spectateur, des lumières, des gestes et une expressivité plastique, poétique, spatiale et temporelle.
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S’inscrire dans un mouvement abstractif ne fait qu’approfondir la dimension expérimentale dans laquelle la création d’une image n’est pas une préoccupation. Selon Kandinsky, « le langage abstrait vise à libérer la peinture de l’imitation du monde réel, et à ouvrir sur une dimension spirituelle». L’art doit construire un lien émotionnel entre le 10 tableau et le spectateur. L’abstraction serait une expérience intérieure pour laquelle Malevitch lui attribuait le sens d’une quête de l’absolu, une interface entre le visible et l’invisible.
Je n’essaie pas d’appliquer une idée préexistante, ni une illustration du réel, mais plutôt la matérialisation d’une expérience à chaque fois spécifique, qui trouve au cours de l’élaboration, une forme plastique définitive.